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Le mot du président – mars 2024

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Jean-Luc Laliberté


La généalogie, l’étude des ascendances et des descendants d’une personne, n’est pas simplement une quête des racines familiales. Au fil du temps, et particulièrement ces dernières années, cette discipline a évolué pour devenir un outil puissant dans plusieurs domaines tels que la science, les enquêtes policières et la génétique.

Pendant longtemps, la généalogie a été considérée comme un passetemps amusant, occupée en majorité par des personnes retraitées. Certains historiens la regardaient de haut et elle devenait intéressante quand elle s’intéressait aux rois et à la noblesse, mais tout au plus amusante et distrayante quand elle s’intéressait aux gens du petit peuple.

Cette perception, assez répandue autrefois, est en train de changer devant l’évolution de la recherche dans des domaines qui semblaient aux antipodes de la généalogie.

La généalogie a acquis une nouvelle dimension dans le domaine scientifique. Les généalogistes fournissent des données cruciales pour la recherche sur la transmission des traits génétiques, les maladies héréditaires et les prédispositions génétiques. Les arbres généalogiques familiaux sont devenus des outils essentiels pour les scientifiques cherchant à comprendre les bases génétiques des maladies et à développer des thérapies ciblées.

De plus, la généalogie contribue à l’étude des migrations humaines et de la diversité génétique. En suivant les liens familiaux à travers les générations, les chercheuses et les chercheurs peuvent retracer les mouvements de populations et mieux comprendre la dispersion des gènes humains à travers le temps et l’espace.

Les enquêtes policières utilisent maintenant la généalogie. Elle y joue un rôle crucial offrant parfois un nouvel élan aux affaires non résolues qu’on appelle communément les fameux « cold cases ». L’utilisation de bases de données généalogiques permet parfois de relier des profils ADN à des individus spécifiques, même en l’absence d’une correspondance directe dans les bases de données criminelles traditionnelles.

Au Québec, cette technique a été mise en lumière pour identifier l’auteur d’un meurtre commis en 1975 à Longueuil1. Il s’agit du premier cas de généalogie judiciaire au Québec1. Un autre cas qui date d’avril 2000 a également occupé les journaux récemment, c’est celui de Guylaine Potvin2.

Nous voilà maintenant placés devant de nouvelles perspectives pour résoudre des crimes anciens ou récents et ainsi faire justice aux victimes. Mais cette situation n’est pas sans soulever des questions éthiques liées à la vie privée, en matière de confidentialité, de protection et d’utilisation des données.

La généalogie génétique3 est devenue une discipline majeure. Les entreprises de tests génétiques permettent aux individus de découvrir des informations sur leurs origines, de construire des arbres généalogiques et de retracer des cousines et des cousins éloignés. De plus, ces informations peuvent avoir des implications médicales importantes, révéler des risques génétiques ou des prédispositions à certaines maladies.

En outre, la généalogie génétique a contribué à l’essor de la recherche sur l’évolution humaine. Les études basées sur l’ADN ont permis de retracer les migrations humaines, de comprendre les liens génétiques entre les populations et d’explorer l’histoire génétique de l’humanité depuis des centaines de milliers d’années!4

On peut donc dire que la généalogie liée aux domaines précédents ne se limite plus à la simple quête de nos ancêtres. Elle s’est transformée en une discipline multidimensionnelle, offrant des contributions significatives à la science, à la justice et à l’histoire de l’espèce humaine. Toutefois, ces avancées soulèvent également des questions éthiques. L’équilibre entre les avantages scientifiques et les préoccupations éthiques continuera d’être au cœur des débats entourant l’utilisation croissante de la généalogie dans divers domaines.

Alors, généalogistes, soyons fiers que notre obscur travail, accompli dans le labeur de nos recherches, ne soit plus considéré seulement comme un passetemps divertissant, mais comme un élément essentiel faisant partie intégrante du savoir humain.

Jean-Luc Laliberté
president@sgsh.org

1 BOISVERT, Yves. « Quand la police fait de la généalogie », [En ligne], La Presse, dimanche 7 mars 2023, section Chroniques.
2 LAGACÉ, Patrick. « Un monstre et son chromosome Y », [En ligne], La Presse, jeudi 22 février 2024, section Chroniques; GRAVEL, P., et S. MARIN. « Un présumé meurtrier ciblé grâce à des banques de généalogie génétique », [En ligne], Le Devoir, mardi 30 janvier 2024, section Science.
3 « Généalogie génétique », [En ligne], Wikipédia, 2024. (Consulté le 2024-03-07)
4 « Homo sapiens et Néandertal, une histoire d’amour plus ancienne… et renouvelée! », [En ligne], Hominidés.com Les évolutions de l’homme, 2024. (Consulté le 2024-03-07)

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