Mesdames,
Messieurs,

« La Société de généalogie Saint-Hubert fête cette année son 30e anniversaire. En effet, c’est en février 1989 que sont jetées les bases de ce qui est devenu aujourd’hui la SGSH. D’ailleurs, je veux souligner la présence, ce soir, de madame Huguette Paradis, membre fondatrice et première présidente de la Société. Sont également présents plusieurs anciens présidents : monsieur Robert Dion, maitre de cérémonie aujourd’hui, et messieurs Paul-Étienne Harvey et Pierre Decelles.

Au cours de ces 30 années, la SGSH s’est développée et elle a étendu la gamme de services offerts à ses membres et à son milieu. Grâce à l’arrondissement de Saint-Hubert de la Ville de Longueuil, elle occupe maintenant un local spacieux et dispose de divers matériels de référence qu’elle met à la disposition des chercheurs.

En plus de diffuser de l’information par des conférences traitant de sujets d’histoire et de généalogie et par le journal trimestriel La Plume généalogique, au fil des années, la Société et plusieurs de ses membres ont publié de nombreux répertoires et livres de familles qui contribuent au développement de la généalogie.

Tout ce travail a été accompli par de nombreux bénévoles qui ont participé aux activités de la SGSH et ont ainsi facilité son développement. Je les en remercie au nom de la Société.

En généalogie, la plupart des outils disponibles permettent assez facilement d’établir les filiations; la majorité des mariages au Québec et plusieurs mariages à l’extérieur sont répertoriés. Les baptêmes sont également assez bien documentés.

S’il est relativement facile de trouver les baptêmes et les parents, la situation se complique quand les généalogistes tentent de reconstituer des familles. Plusieurs enfants de familles disparaissent littéralement. Habituellement, il est possible de retracer leurs dates de naissance et puis après, plus rien. Ces individus deviennent alors des « oubliés de la généalogie ».

Certains de ces oubliés étaient des coureurs des bois; d’autres ont émigré aux États-Unis ou encore sont partis chercher de l’or en Californie ou au Klondike. D’autres enfin sont devenus membres du clergé ou de communautés religieuses. Comme plusieurs communautés donnaient un nom en religion à leurs postulantes et à leurs postulants et disposaient même de leur propre cimetière et de leurs propres registres, tout était en place pour compliquer la tâche des chercheurs pour les retrouver!

Le projet intitulé Les oubliés de la généalogie-Clergénéalogie a donc vu le jour pour combler le manque d’informations sur ces oubliés du clergé et des communautés religieuses.

Des chercheurs évaluent que plus de 120 000 jeunes hommes et jeunes femmes ont consacré leur vie au service religieux depuis les débuts de la Nouvelle-France. Leur apport à la société n’a plus besoin d’être démontré; ils ont œuvré dans les domaines de l’éducation, de la science, de la santé, de l’aide aux démunis, en plus d’animer la vie spirituelle des paroisses. Nous croyons qu’il est temps que les généalogistes puissent les retrouver plus facilement dans les outils de recherche.

La Société de généalogie Saint-Hubert n’est pas la première à tenter de rétablir les liens généalogiques de ces individus. Mgr Tanguay, considéré comme le père de la généalogie au Canada français, en 1893, a publié le Dictionnaire du clergé canadien, l’abbé J.B.A. Allaire, en 1910, le Dictionnaire du Clergé canadien-français, certains diocèses tels celui de Rimouski et plusieurs communautés religieuses d’hommes et de femmes ont fait de même. Plusieurs monographies de paroisses contiennent une grande quantité de renseignements sur les prêtres, religieux et religieuses issus de leur paroisse.

Avec Les oubliés de la généalogie - Clergénéalogie, la Société de généalogie Saint-Hubert poursuit la collecte de données. Ce « travail de moine bénédictin » tente de faire le recensement de tous les membres du clergé et des communautés religieuses de l’Amérique du Nord française et de les relier à leurs familles. Ces informations sont regroupées dans une banque de données informatisées et présentées sous une forme standardisée et uniforme. Par exemple, suivant l’ordre alphabétique, le répertoire commence par le père Abel et termine par mère St-Zozime; aussi, suivant la chronologie des événements, il débute avec le frère Pacifique Duplessis en 1615 et continue avec d’autres religieuses et religieux jusqu’à nos jours.

Des généalogistes consciencieux ont entrepris la tâche titanesque d’analyser et de regrouper les informations de centaines de sources différentes afin de retrouver les liens familiaux permettant de relier les membres du clergé et des communautés religieuses à leurs familles. Déjà, plus de 50 000 religieuses, prêtres et frères ont été recensés et reliés à leurs parents, permettant ainsi aux chercheurs de les rattacher plus facilement à leurs ancêtres.

Modestement, la SGSH croit que le site Les oubliés de la généalogie - Clergénéalogie ajoutera une pierre à l’édifice généalogique des Québécoises et des Québécois et qu’il couvrira un champ négligé de la généalogie. Nous espérons que ce projet et les données qu’il contient, accessibles gratuitement, soutiendront les chercheurs et les généalogistes dans leurs recherches. »